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| Anne SCANDELLA Directrice d’hôpital, mise à disposition auprès des ministères économique et financier pour l’AFA. |
Par quelle voie as-tu accédé à cette mobilité et existe-t-il des incompatibilités ?
J’occupe depuis le 12 novembre 2024 le poste de chargée du secteur santé et médico-social au sein de l’Agence française anticorruption (AFA). L’AFA est un service central à compétence nationale rattaché à la fois au ministère de la Justice et au ministère chargé des Comptes publics. Acteur national de la prévention et de la détection des atteintes à la probité, l’AFA est à la fois un organe de coordination de l’action publique en matière de lutte contre la corruption, une structure de conseil et une autorité de contrôle administratif des acteurs publics et privés assujettis à une obligation de conformité.
J’ai réalisé cette mobilité par la voie de la mise à disposition à temps plein auprès des ministères économiques et financiers. Le processus de recrutement s’est organisé autour de deux entretiens avec l’encadrement supérieur de l’AFA, puis, une fois ma candidature validée par la directrice, par des échanges avec le secrétariat général du ministère en ce qui concerne les modalités pratiques et financières de la mise à disposition.
S’agissant d’une mobilité « public-public », il n’existait pas d’incompatibilités comme cela aurait pu être le cas dans le cadre d’une mobilité « public-privé ».
En revanche, l’existence d’éventuels liens d’intérêts est systématiquement prise en compte à l’occasion de ma participation aux missions de contrôle réalisées par l’AFA auprès d’entités publiques ou d’acteurs du secteur économique.
Quelles raisons t’ont motivée à envisager une mobilité hors FPH ?
Retrouver du sens et un cadre de valeurs partagées a été à l’origine de mon projet de mobilité. Aussi et au-delà de la seule perspective d’une mobilité hors FPH, c’est avant tout l’intérêt du poste proposé par l’AFA qui a motivé ce projet et m’a conduite à concrétiser ce souhait de mobilité hors FPH.
En effet, le poste de chargée du secteur santé et médico-social au sein de l’AFA offrait l’opportunité de contribuer à la définition et à la mise en œuvre d’une politique publique, à savoir celle de la prévention et de la détection des atteintes à la probité. Or, dans un contexte de fragilisation de l’autorité publique, la promotion de la culture de la probité constitue l’un des instruments de renforcement de la confiance des usagers dans le service public de la santé. Avoir la possibilité d’accompagner les établissements de la FPH dans cet objectif correspond parfaitement à mes aspirations professionnelles.
Par ailleurs, ce projet de mobilité était aussi motivé par l’envie de découvrir un nouvel univers professionnel, en l’occurrence, celui de l’administration centrale et ainsi d’être confrontée à une culture administrative différente de celle de la FPH.
Exercer au sein de l’AFA, c’est aussi faire partie d’une équipe pluridisciplinaire composée de professionnels d’horizons très différents, agents publics de l’État et territoriaux, magistrats, avocats ou encore professionnels de la conformité et de la compliance, ce qui s’avère particulièrement enrichissant au quotidien.
L’objectif de cette mobilité est aussi de pouvoir acquérir et développer
de nouvelles compétences dans le cadre notamment des activités
de contrôle administratif de l’AFA.
Quelles compétences spécifiques as-tu pu développer dans ce nouveau cadre ?
La première étape lors de ma prise de poste a été d’approfondir et de consolider mes connaissances en ce qui concerne le cadre juridique d’intervention de l’agence, le champ des infractions pénales d’atteintes à la probité ainsi que les recommandations de l’AFA.
Par ailleurs et afin de pouvoir accompagner au mieux les établissements dans la mise en place de leur dispositif anticorruption, il m’a fallu appréhender rapidement le cadre méthodologique de l’identification et de l’évaluation des risques ainsi que les enjeux et objectifs des activités à la fois de contrôle interne et d’audit interne.
Ayant participé rapidement après ma prise de fonctions à une mission de contrôle auprès d’une entité publique (hors secteur santé), j’ai d’ores et déjà eu l’opportunité de mettre en pratique les techniques et outils de type questionnaire de contrôle interne, conduite d’entretien et rédaction d’un rapport d’audit.
Comment tes expériences dans la FPH t’ont-elles préparée à tes nouvelles fonctions ?
Fonctionnaire hospitalier depuis 2003, j’ai eu l’opportunité d’occuper des fonctions diversifiées principalement dans les domaines fonctionnels des ressources humaines médicales et non médicales et des ressources matérielles (achat, logistique, travaux) mais aussi en position de coordination que ce soit en tant que directrice référente de pôle en gériatrie, de cheffe de projet performance ANAP ou encore coordinatrice de la filière achats et travaux du GHT Psychiatrie Nord Pas-de-Calais.
Au titre de ces différentes fonctions, j’ai pu acquérir une connaissance approfondie à la fois du fonctionnement des différentes catégories d’établissements mais aussi de leur environnement institutionnel et partenarial. Cette compréhension des enjeux et contraintes spécifiques à l’écosystème de santé au sens large m’a permis d’appréhender rapidement les freins et leviers à mobiliser pour répondre aux objectifs qui m’ont été fixés sur le volet « conseil et appui » aux établissements.
Par ailleurs et au-delà de la maîtrise du cadre d’intervention de l’AFA, les savoir-faire et savoir-être requis sur ce poste sont les mêmes que ceux attendus sur un poste de direction, à savoir des compétences en conduite et gestion de projet, une capacité à travailler au sein d’une équipe pluridisciplinaire, un intérêt pour le travail en réseau et un sens de l’innovation et de l’adaptation.
La richesse et la diversité de nos parcours professionnels ainsi que les conditions particulières d’exercice qui sont les nôtres au sein de la FPH constituent à mon sens de réels atouts pour envisager une mobilité au sein d’un autre versant de la fonction publique.
Comment cette mobilité s’inscrit-elle dans ton parcours professionnel global ?
Il ne s’agit pas de ma première mobilité hors établissements de la FPH car j’avais déjà bénéficié entre 2013 et 2019 d’une période de disponibilité pour exercer dans le secteur privé en tant que juriste au sein d’une entreprise proposant des prestations d’information juridique, d’appui et de formation aux établissements de santé, sociaux et médico-sociaux, publics et privés.
À l’instar de cette première expérience hors FPH, les missions qui sont aujourd’hui les miennes au sein de l’AFA répondent à un même désir de contribuer aux évolutions de notre système de santé mais au travers d’un mode d’exercice différent qu’est celui de l’accompagnement, y compris pédagogique des établissements.
À moyen terme, l’objectif est bien évidemment d’avoir l’opportunité, dans la suite de ma carrière, de mettre au service d’un établissement de la FPH les connaissances et compétences acquises au sein de l’AFA à l’occasion de cette mobilité.


