Nous ouvrons cette première instance collégiale de l’année par des vœux à chacune et chacun, à tous les membres de cette instance, aux personnalités qualifiées qui sacrifient de leur temps pour s’associer à nos regards croisés, aux équipes du CNG qui œuvrent pour les carrières de nos collègues. Des vœux aussi pour les travaux collectifs qui nous mobilisent.
Nous souhaitons des candidats motivés, des candidates plus nombreuses, des ARS et des chefs d’établissement pleinement conscients de leurs responsabilités en tant qu’autorités de recrutement, attentifs et respectueux vis-à-vis des collègues qui postulent. C’est l’occasion de formuler une nouvelle fois la demande pressante de réunions régulières du groupe contact DGOS-ARS-CNG et syndicats représentant les directeurs. Le SYNCASS-CFDT vient d’en formuler la demande officiellement à la DGOS face à une inertie quelque peu exaspérante. Les motifs ne manquent pas !
Cette année s’ouvre sous des auspices peu favorables dans les établissements comme pour les directeurs. Si le PLFSS a évité le pire dans le calibrage de l’ONDAM hospitalier, les tarifs « stables » comme ils sont qualifiés pudiquement par la Ministre de la santé et les déficits structurels importants, parfois massifs, laissent peu d’espoir d’amélioration de la situation de nombreux hôpitaux et EHPAD qui leur sont rattachés. Après une année 2025 qui aura vu un nombre record d’interruptions prématurées de détachements sur emplois fonctionnels, l’année 2026 n’a pas attendu longtemps pour qu’intervienne la suspension d’un chef d’établissement.
Les tensions dans l’activité hivernale sont certes habituelles, mais doit-on se satisfaire de cette habitude ? Elles sont aussi remarquables cette année par leur ampleur dans de nombreux territoires. Ces tensions sont d’autant plus sensibles que la grève des médecins libéraux, très suivie, déleste une partie de l’activité sur les hôpitaux publics. La volonté délibérée d’accroître la pression sur le gouvernement en cette période de surchauffe épidémique est cynique et fait bon marché de la situation des patients et des agents publics qui les prennent en charge. La tentative d’éviter les réquisitions par la « fuite » à l’étranger, outre qu’elle est une sévère entorse à la déontologie professionnelle, démontre une vision unilatérale et utilitariste du système de santé : bien que la solidarité nationale les finance quasi intégralement, ces acteurs paraissent lui tourner le dos. Le SYNCASS-CFDT le répète haut et fort : tant que la politique de santé sera principalement régulée et pilotée par les seuls revenus, des structures comme des professionnels, elle ne répondra correctement ni aux besoins des populations, ni à l’égal accès aux soins, ni aux objectifs de santé publique visant à privilégier la prévention et à rémunérer la seule activité pertinente.
Dans les établissements, la réforme des astreintes médicales est un chantier qui laisse des traces. Les plans de performance, ou plutôt de retour à l’équilibre, ont pesé sur les discussions. Ce qui devait pour les médecins constituer une avancée collective pour la reconnaissance de la contrainte avérée qu’est la permanence des soins se transforme parfois en potion amère.
La réforme du statut des DH, entrée en vigueur depuis notre dernière séance, emporte des conséquences sur le travail à venir de l’instance collégiale. Nous en citerons deux éléments substantiels : l’augmentation des emplois fonctionnels d’adjoints et la création des emplois fonctionnels de manageurs de transition.
Sur le premier point, la DGOS doit rapidement actualiser la liste des emplois fonctionnels afin que les chefs concernés sollicitent la publication des postes. Il est probable que la montée en charge de ces emplois sera progressive, au regard des réorganisations dans les équipes de direction concernées que cela entraîne. Il n’y a pas de raison néanmoins d’en différer l’amorce. La création des manageurs de transition est l’une des avancées de la réforme. Encore faut-il que leur déploiement soit garanti par les ressources correspondantes pour le CNG. Le conseil d’administration du CNG du 18 décembre dernier n’a guère rassuré sur ce point. Nous attendons des précisions sur la nature des emplois visés, leur affectation et les perspectives, notamment calendaires, de leur publication. Par ailleurs, ces postes seront dans la configuration inédite de relever d’une autorité unique pour le recrutement et la nomination des candidats. L’instance collégiale reste toutefois légitime pour examiner les futures candidatures, de nombreux DH ayant déjà manifesté de l’intérêt pour cette nouvelle fonction.
Nous concluons cette déclaration par un salut amical et des remerciements appuyés à Marie-Noëlle GERAIN-BREUZARD qui a présidé cette instance pendant trois ans. Parmi les éléments de son action personnelle, elle aura marqué son mandat par un engagement résolu pour l’égalité professionnelle dans l’accès aux emplois supérieurs. Le SYNCASS-CFDT, peu réputé pour sa flagornerie, tient à saluer la qualité de son écoute et la franchise de son expression avec les représentants syndicaux. Nous formulons donc le vœu pour 2026 de poursuivre notre lien avec le CNG, et son nouveau directeur général, dans les mêmes conditions
