D3S
Une journée dans la vie…

de Léa BAUDIER COUDERC Léa Baudier Couderc occupe un poste d’adjointe au centre hospitalier d’Arles et aux hôpitaux des Portes de Camargue. Elle est responsable des services techniques, logistiques, des travaux et de la RSE des hôpitaux des portes de Camargue et en charge de la filière gériatrique et du pôle de médecine du centre hospitalier d’Arles. Un mardi d’octobre… Le matin aux hôpitaux des Portes de Camargue  8h30 Je commence ma journée par un point avec le nouveau responsable de production du service restauration des hôpitaux des Portes de Camargue. Nous échangeons sur les enjeux du poste et des priorités à court et moyen termes : amélioration de la prestation, lutte contre le gaspillage alimentaire, poursuite du déploiement d’un nouveau logiciel de gestion des commandes de repas et de gestion de la production, réinternalisation des approvisionnements. 9h00 Réunion avec une cadre de santé, le responsable des services techniques et la responsable sécurité concernant un projet de travaux dans une unité d’hébergement. Il s’agit de cadrer le projet, d’identifier et d’anticiper les impacts pour les résidents et les équipes. 9h30 Je participe à la commission médicale d’établissement et présente un point d’étape sur l’avancement du projet de conventionnement dans le cadre de la réforme des services autonomie à domicile (SAD). L’après-midi au CH d’Arles  12h00 Déjeuner au self de l’hôpital. 12h30 Je présente aux chefs de service du pôle de médecine le livrable final dans le cadre de la candidature de l’établissement à l’appel à manifestation d’intérêt (AMI) lancé par l’ARS PACA sur les « admissions directes non programmées des plus de 75 ans ». Ce projet doit permettre d’éviter le passage aux urgences des personnes âgées qui seront admises directement de la ville/du domicile en service d’hospitalisation. La réunion était également l’occasion de faire un point sur le dossier, notamment ses annexes avant envoi à l’ARS. 13h30 Réunion en visioconférence avec l’adjointe des cadres de ma direction et un prestataire dans le cadre d’un accompagnement à la conception d’un nouveau marché de maintenance pour les hôpitaux des Portes de Camargue. L’objectif était la validation du cahier des clauses techniques particulières (CCTP). 15h00 Je traite plusieurs mails sur des sujets divers et variés tels qu’un projet de réorganisation de locaux sur les hôpitaux des Portes de Camargue ; une convention de transport pour le centre d’accueil de jour du centre hospitalier d’Arles ; le diagnostic établi par les conseillers en transition écologique du GHT sur nos installations techniques et l’exécution de notre marché de maintenance actuel ; le CVS et le marché de Noël des deux EHPAD du centre hospitalier d’Arles ; les effectifs du SMR dans le cadre du dossier d’autorisation ; un projet d’hôpital de jour (HDJ) SMR ; une demande de subvention à l’ARS pour l’achat d’équipement dans le cadre de la prévention des risques professionnels ; un projet d’HDJ de médecine, etc. Je passe quelques appels, dont un avec le maître d’œuvre chargé d’une opération de travaux sur les hôpitaux des Portes de Camargue pour discuter de nouveaux besoins, de leur faisabilité et de leur impact financier. 16h00 Séance de travail sur la réforme des SAD avec la cadre du pôle de gériatrie et l’infirmière coordinatrice (IDEC) du SSIAD : point d’étape et revue des documents à joindre au dossier de conventionnement. 17h00 Visioconférence organisée par la FHF PACA avec le pôle Autonomie de la FHF autour des enjeux du secteur des personnes âgées (PA), notamment des GTSMS. 18h00 Je traite quelques mails jusqu’à 19h.

D3S
Une journée dans la vie…

d’Anne CABARET Anne Cabaret est directrice de l’établissement public intercommunal de la fondation Albert-Jean (EPIFAJ), établissement médico-social dédié à l’accompagnement d’adultes en situation de handicap. Situé en Normandie, plus précisément en Seine-Maritime entre Dieppe et Rouen, il accueille 240 personnes, que ce soit en ESAT, en foyer de vie, en atelier de jour et en service d’accompagnement à la vie sociale par les professionnels. Un mardi de décembre… 8h30 À mon arrivée dans l’établissement, je croise plusieurs personnes accompagnées ainsi que des agents. J’atteins le premier étage de l’établissement dédié à la direction. J’allume mon ordinateur, prépare mon café, puis fais le tour de l’équipe administrative pour saluer les agents ayant déjà pris leur poste. 8h45 Je finalise la préparation du comité de sélection prévu à 9 heures, consacré au recrutement de la secrétaire de direction. Cette étape est cruciale : elle implique le tri d’une centaine de candidatures reçues, la planification des entretiens en tenant compte des disponibilités des membres du jury, ainsi que la validation du questionnaire d’entretien pour garantir une évaluation homogène et équitable des profils. J’ai prévu 45 minutes de temps de concertation, encore trop ambitieux. 9h15 Je réunis l’un des deux gestionnaires RH, la responsable finances et budget pour étudier les candidatures et préparer le jury. Nous retenons six profils. Nous convenons toutes trois de la qualité des profils retenus. Un moment de joie, voire de liesse dans un contexte d’absence totale d’attractivité de la filière administrative des établissements médico-sociaux exclus du périmètre de versement du complément de traitement indiciaire (CTI). 10h30 Réunion CODIR. Il est exceptionnellement court en raison du comité de sélection qui devait impérativement se tenir ce jour. Les thématiques abordées en comité de direction sont immuables : un point sur les éléments en lien avec les saisons. En cette période, notre sujet est la situation épidémique de la grippe saisonnière en Normandie. Nous poursuivons par les sujets RH, puis ceux en rapport avec le fonctionnement, la politique éducative, puis les sujets en lien avec la qualité et gestion des risques et les événements durant l’astreinte qui nécessitent un partage ou traitement en CODIR. 12h00 Je suis sollicitée par le pharmacien pour régler les derniers détails concernant la campagne de vaccination COVID et grippe saisonnière. Je profite également de ce temps pour une énième relecture – on n’est jamais trop prudent – du projet stratégique et des projets de service avant validation par le comité de pilotage en janvier et validation en instances (CVS, CA, CSE). 12h30 Je déjeune rapidement, souvent en écoutant un podcast. Dans mon bureau, porte fermée, c’est le seul moment isolé en dehors des réunions et entretiens. Cette fois-ci, j’écoute Alexandre Jubelin, et lance l’épisode du 7 octobre dernier : « L’armée chinoise à l’épreuve de ses purges ». Le podcast reste mon seul moyen de m’éloigner des écrans pendant cette pause. Je poursuivrai l’écoute sur le trajet du retour en fin de journée. 13h00 Échange téléphonique avec une collègue sur divers points. Je veille à provoquer ces échanges qui m’aident à rompre l’isolement de la fonction. C’est parfois plus long, mais toujours précieux. 13h15 J’abrège ma pause et envoie le compte-rendu du CODIR après relecture et ajustements. Je traite les parapheurs RH, ceux du secrétariat de direction et du service finances et prends connaissance des compléments d’information des engagements budgétaires sollicités, les derniers avant la clôture. 14h00 Commission investissement : nous examinons les besoins matériels et les projets d’équipement avant chiffrage pour affiner les demandes. Une incertitude : notre dossier de candidature au Fonds d’accompagnement de la transformation des ESAT (FATESAT) sera-t-il validé par l’ARS afin de pouvoir développer le pôle restauration de l’ESAT ? 16h00 Commission des parcours : c’est un temps de concertation qui réunit les chefs des services éducatifs et les coordonnateurs de parcours. Elle vise également à proposer une ressource institutionnelle capable de répondre à des attentes multiples, notamment dans la promotion du pouvoir d’agir dans les parcours complexes ou à dimension inclusive très forte (vers le milieu ordinaire). Je participe à cette réunion bimensuelle, dont l’ordre du jour est aussi dédié au suivi des indicateurs d’élaboration et réalisation des projets d’accompagnement personnalisés à l’échelle de l’institution. 17h15 Je reçois une note éducative d’un chef de service, en lien avec le non-respect des droits de la personne accompagnée par son tuteur. Cette note, attendue, que je classe en EIG me sert d’appui pour opérer les projets de courriers de signalement aux autorités de contrôle et au procureur de la République. Tout sera finalisé et partira demain. 17h45 Échange téléphonique avec l’infographiste chargé de la mise en page du futur projet stratégique et des projets de services. 18h00 Je reconsulte l’agenda des semaines à venir et prépare la réunion avec le pharmacien pour le bilan de la mise en place du dispositif de préparation des doses à administrer sécurisée. Je relis et envoie l’ordre du jour du prochain groupe de travail dédié à la gestion du temps de travail avec les deux sections syndicales locales. Je lave ma tasse à café en pensant à tout ce que je n’ai pas eu le temps de faire aujourd’hui et me réjouis de la journée du lendemain qui s’annonce : une demi-journée complète sans entretien ni réunion qui devrait me permettre de traiter la veille médico-sociale et rebalayer nos outils de contractualisation.

Témoin
Billy Troy

Billy TROY Directeur d’hôpital. A réintégré l’AP-HP le 1er septembre 2025 après sept ans de détachement au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Par quelle voie as-tu accédé à cette mobilité et existe-t-il des incompatibilités ? J’ai accédé à cette mobilité par voie de détachement sur contrat au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Dans les ambassades à l’étranger et en centrale à Paris et Nantes, c’est un ministère qui accueille de nombreux collègues détachés de différentes administrations qui viennent apporter leur expertise sectorielle : santé, économie, justice, éducation, recherche, culture, défense, police et gendarmerie. C’est une voie parfaitement compatible pour les corps de direction de la FPH. Quelles raisons t’ont motivé à envisager une mobilité hors FPH ? Principalement l’intérêt d’exercer des missions dans le domaine de la santé et de la recherche à l’international. J’ai occupé deux postes successifs dans deux ambassades au Moyen-Orient (Amman et Doha) pour développer les coopérations hospitalières et scientifiques avec les institutions de ces pays. C’est une expérience particulièrement enrichissante de mettre ses compétences au service de l’action de la France dans cette région du monde où les enjeux géopolitiques sont majeurs. Quelles compétences spécifiques as-tu pu développer dans ce nouveau cadre ? Tout d’abord une connaissance des systèmes de santé locaux et des opportunités à développer pour la coopération avec les pays concernés, mais également le lien entre les enjeux sectoriels de la santé et de la recherche et ceux de la promotion des intérêts plus généraux de la France d’un point de vue diplomatique. Comment tes expériences dans la FPH t’ont-elles préparé à tes nouvelles fonctions ? Mon expérience de directeur d’hôpital m’a été particulièrement utile dans mes fonctions, à plusieurs niveaux : l’expertise dans le domaine hospitalier et de la santé, que j’ai apportée au sein des ambassades dans lesquelles j’ai exercé ; la gestion d’équipe, dans les responsabilités managériales qui sont confiées dans les ambassades ; la gestion de crise, notamment lors du Covid-19 ; la communication, en particulier pour promouvoir, sous la conduite de l’ambassadeur, les actions menées avec nos partenaires locaux. Comment cette mobilité s’inscrit-elle dans ton parcours professionnel global ? C’est une expérience qui m’aura permis d’enrichir mes compétences et de consolider mon expérience à l’international, ce que je pourrai réinvestir à mon retour de détachement dans la suite de mon parcours dans la FPH. Elle m’aura notamment permis de travailler avec des collègues de différentes administrations (affaires étrangères, économie, police-gendarmerie, militaires), ce qui offre des regards croisés et des partages d’expériences inspirants sur nos missions respectives.

Témoin
Virginie Toulemonde

Anne SCANDELLA Directrice d’hôpital, mise à disposition auprès des ministères économique et financier pour l’AFA. Par quelle voie as-tu accédé à cette mobilité et existe-t-il des incompatibilités ? J’occupe depuis le 12 novembre 2024 le poste de chargée du secteur santé et médico-social au sein de l’Agence française anticorruption (AFA). L’AFA est un service central à compétence nationale rattaché à la fois au ministère de la Justice et au ministère chargé des Comptes publics. Acteur national de la prévention et de la détection des atteintes à la probité, l’AFA est à la fois un organe de coordination de l’action publique en matière de lutte contre la corruption, une structure de conseil et une autorité de contrôle administratif des acteurs publics et privés assujettis à une obligation de conformité. J’ai réalisé cette mobilité par la voie de la mise à disposition à temps plein auprès des ministères économiques et financiers. Le processus de recrutement s’est organisé autour de deux entretiens avec l’encadrement supérieur de l’AFA, puis, une fois ma candidature validée par la directrice, par des échanges avec le secrétariat général du ministère en ce qui concerne les modalités pratiques et financières de la mise à disposition. S’agissant d’une mobilité « public-public », il n’existait pas d’incompatibilités comme cela aurait pu être le cas dans le cadre d’une mobilité « public-privé ». En revanche, l’existence d’éventuels liens d’intérêts est systématiquement prise en compte à l’occasion de ma participation aux missions de contrôle réalisées par l’AFA auprès d’entités publiques ou d’acteurs du secteur économique. Quelles raisons t’ont motivée à envisager une mobilité hors FPH ? Retrouver du sens et un cadre de valeurs partagées a été à l’origine de mon projet de mobilité. Aussi et au-delà de la seule perspective d’une mobilité hors FPH, c’est avant tout l’intérêt du poste proposé par l’AFA qui a motivé ce projet et m’a conduite à concrétiser ce souhait de mobilité hors FPH. En effet, le poste de chargée du secteur santé et médico-social au sein de l’AFA offrait l’opportunité de contribuer à la définition et à la mise en œuvre d’une politique publique, à savoir celle de la prévention et de la détection des atteintes à la probité. Or, dans un contexte de fragilisation de l’autorité publique, la promotion de la culture de la probité constitue l’un des instruments de renforcement de la confiance des usagers dans le service public de la santé. Avoir la possibilité d’accompagner les établissements de la FPH dans cet objectif correspond parfaitement à mes aspirations professionnelles. Par ailleurs, ce projet de mobilité était aussi motivé par l’envie de découvrir un nouvel univers professionnel, en l’occurrence, celui de l’administration centrale et ainsi d’être confrontée à une culture administrative différente de celle de la FPH. Exercer au sein de l’AFA, c’est aussi faire partie d’une équipe pluridisciplinaire composée de professionnels d’horizons très différents, agents publics de l’État et territoriaux, magistrats, avocats ou encore professionnels de la conformité et de la compliance, ce qui s’avère particulièrement enrichissant au quotidien. L’objectif de cette mobilité est aussi de pouvoir acquérir et développer de nouvelles compétences dans le cadre notamment des activités de contrôle administratif de l’AFA. Quelles compétences spécifiques as-tu pu développer dans ce nouveau cadre ? La première étape lors de ma prise de poste a été d’approfondir et de consolider mes connaissances en ce qui concerne le cadre juridique d’intervention de l’agence, le champ des infractions pénales d’atteintes à la probité ainsi que les recommandations de l’AFA. Par ailleurs et afin de pouvoir accompagner au mieux les établissements dans la mise en place de leur dispositif anticorruption, il m’a fallu appréhender rapidement le cadre méthodologique de l’identification et de l’évaluation des risques ainsi que les enjeux et objectifs des activités à la fois de contrôle interne et d’audit interne. Ayant participé rapidement après ma prise de fonctions à une mission de contrôle auprès d’une entité publique (hors secteur santé), j’ai d’ores et déjà eu l’opportunité de mettre en pratique les techniques et outils de type questionnaire de contrôle interne, conduite d’entretien et rédaction d’un rapport d’audit. Comment tes expériences dans la FPH t’ont-elles préparée à tes nouvelles fonctions ? Fonctionnaire hospitalier depuis 2003, j’ai eu l’opportunité d’occuper des fonctions diversifiées principalement dans les domaines fonctionnels des ressources humaines médicales et non médicales et des ressources matérielles (achat, logistique, travaux) mais aussi en position de coordination que ce soit en tant que directrice référente de pôle en gériatrie, de cheffe de projet performance ANAP ou encore coordinatrice de la filière achats et travaux du GHT Psychiatrie Nord Pas-de-Calais. Au titre de ces différentes fonctions, j’ai pu acquérir une connaissance approfondie à la fois du fonctionnement des différentes catégories d’établissements mais aussi de leur environnement institutionnel et partenarial. Cette compréhension des enjeux et contraintes spécifiques à l’écosystème de santé au sens large m’a permis d’appréhender rapidement les freins et leviers à mobiliser pour répondre aux objectifs qui m’ont été fixés sur le volet « conseil et appui » aux établissements. Par ailleurs et au-delà de la maîtrise du cadre d’intervention de l’AFA, les savoir-faire et savoir-être requis sur ce poste sont les mêmes que ceux attendus sur un poste de direction, à savoir des compétences en conduite et gestion de projet, une capacité à travailler au sein d’une équipe pluridisciplinaire, un intérêt pour le travail en réseau et un sens de l’innovation et de l’adaptation. La richesse et la diversité de nos parcours professionnels ainsi que les conditions particulières d’exercice qui sont les nôtres au sein de la FPH constituent à mon sens de réels atouts pour envisager une mobilité au sein d’un autre versant de la fonction publique. Comment cette mobilité s’inscrit-elle dans ton parcours professionnel global ? Il ne s’agit pas de ma première mobilité hors établissements de la FPH car j’avais déjà bénéficié entre 2013 et 2019 d’une période de disponibilité pour exercer dans le secteur privé en tant que juriste au sein d’une entreprise proposant des prestations d’information juridique, d’appui et de formation aux établissements de santé, sociaux et médico-sociaux, publics et privés. À l’instar de cette première expérience hors FPH, les

Témoin
Anne Scandella

Anne SCANDELLA Directrice d’hôpital détachée dans le corps des administrateurs de l’État sur le poste de secrétaire générale de la DRIEETS Île-de-France. Par quelle voie as-tu accédé à cette mobilité et existe-t-il des incompatibilités ? J’ai accédé à cette mobilité en postulant directement sur le site « Choisir le service public », que je consultais régulièrement pour mettre en œuvre une mobilité vers la fonction publique de l’État. S’agissant des incompatibilités, je n’en vois pas réellement si ce n’est le degré d’avancement dans la carrière, qui détermine le grade d’accueil en détachement et donc le niveau de rémunération dans le nouveau statut. Quelles raisons t’ont motivée à envisager une mobilité hors FPH ? Mon parcours professionnel, assez diversifié de par mes différentes fonctions et les mobilités géographiques, m’a permis d’exercer dans à peu près tous les domaines de la gestion hospitalière, dans des environnements très différents. À ce stade de ma carrière, j’avais envie de connaître d’autres environnements de travail, une autre « culture professionnelle » et d’autres modalités de gestion. Par ailleurs, en début de carrière, j’ai exercé au sein de la fonction publique d’État, à la DGOS, sur des fonctions de chargée de mission et j’ai beaucoup appris de cette expérience. Quelles compétences spécifiques as-tu pu développer dans ce nouveau cadre ? Même si je suis arrivée sur mon poste actuel assez récemment, je peux dire que ce nouveau cadre me permet d’approfondir mes compétences en management et aussi mes compétences en gestion. En charge d’animer une équipe pluridisciplinaire (RH, finances, achats, logistique, QVT, dialogue social, informatique), j’ai dû rapidement m’adapter à mes nouvelles équipes dans un contexte de crise lié au gel des recrutements dans le champ des ministères sociaux et dans un environnement qui m’était largement inconnu. Par ailleurs, de nombreux projets en cours – dont deux déménagements d’ampleur et une revue des missions sur les pôles métiers – nécessitent de mettre en œuvre des mesures d’accompagnement au changement. En d’autres termes, la mobilisation de compétences managériales « hors de sa zone de confort » est particulièrement instructive. Les modalités de gestion, la terminologie employée, notamment dans le domaine budgétaire et aussi des RH, sont différentes et riches d’enseignement même si, bien sûr, on retrouve beaucoup de similitudes dans la façon de gérer et dans les enjeux. Enfin, j’apprends beaucoup sur les politiques publiques des secteurs économie, emploi et travail. Comment tes expériences dans la FPH t’ont-elles préparée à tes nouvelles fonctions ? Mon expérience dans différentes directions fonctionnelles, dans des établissements de tailles très différentes, me permet d’être armée pour occuper mes nouvelles fonctions, car il y a des ressemblances et l’expérience acquise dans le contexte particulièrement complexe de l’hôpital me permet de faire face aux différentes situations que je rencontre aujourd’hui. En termes de management, j’anime une équipe qui pourrait être comparée à une équipe de direction hospitalière, dans la plupart de ses composantes. Enfin, l’habitude de travailler à l’hôpital, avec des professionnels venant de différents horizons, est certainement une aide pour s’adapter rapidement aux spécificités des différentes catégories de personnels qui composent une DRIEETS. Comment cette mobilité s’inscrit-elle dans ton parcours professionnel global ? Je le vois aujourd’hui comme une étape importante mais je ne sais pas quelle sera la suite de mon parcours professionnel. J’en profite pour capitaliser sur d’autres pratiques professionnelles et pour développer mes connaissances sur les politiques publiques menées dans le champ de la DRIEETS. À ce stade, je dirais que c’est un point saillant de mon parcours, plutôt inscrit dans la continuité que la rupture car, même si l’environnement et les sujets sont différents, les enjeux et les objectifs de service public se rejoignent.

Témoin
David Karle

David KARLE Directeur d’hôpital, détaché sur un poste d’adjoint au responsable du pôle gestion publique en direction territoriale des finances publiques et responsable de la mission régionale de conseil aux décideurs publics (DGFIP), puis sur un poste de sous-directeur au service des retraites de l’État. Par quelle voie as-tu accédé à cette mobilité et existe-t-il des incompatibilités ? Un peu « par hasard » au départ. Les compétences d’un directeur d’hôpital sont larges et je me suis dit que mes compétences pouvaient présenter un intérêt. J’ai donc suivi un parcours standard en recherchant des postes sur le site « choisir le service public » ou sur le JO. Cela m’a permis d’intégrer la DGFIP et de postuler en interne, sur un corps comparable d’administrateur des finances publiques, corps aujourd’hui en extinction, puis d’administrateur de l’État. Quelles raisons t’ont motivé à envisager une mobilité hors FPH ? Pouvoir me confronter à d’autres problématiques pour changer ma façon de percevoir les choses, et la recherche d’un enrichissement afin de développer une culture de service public transversale et complémentaire. Cela s’intègre aussi dans un cadre personnel. Quelles compétences spécifiques as-tu pu développer dans ce nouveau cadre ? J’ai pu valoriser mes compétences, ce qui n’était pas gagné. Au-delà de nouvelles compétences métiers/techniques (fiscalité, comptabilité de l’État, Domaines…), j’ai surtout développé certaines compétences utiles dans mon quotidien : capacité d’adaptation, de négociation, d’analyse mais aussi une certaine perspicacité pour développer de nouvelles clés de compréhension et de rigueur pour être reconnu au sein d’une administration exigeante. Comment tes expériences dans la FPH t’ont-elles préparé à tes nouvelles fonctions ? Dans la FPH, nous développons une capacité d’adaptation et à travailler dans l’urgence. C’était un atout important. J’ai également pu apporter une vision différente des problématiques et élargir le champ des solutions à proposer. C’était aussi un avantage lors de négociations diverses avec les élus locaux, la préfecture, les services déconcentrés de l’État ou bien les représentants des entreprises (fédérations, chambres consulaires…). Je me suis aussi rendu compte que nous étions davantage rompus au dialogue social dans la FPH. Cela est aussi dû à l’autonomie de gestion des établissements. Comment cette mobilité s’inscrit-elle dans ton parcours professionnel global ? Il y a une certaine continuité qui m’a permis une évolution professionnelle et de gagner en responsabilité, même si j’ai dû passer par une phase de prise de recul et de remise en question pour m’intégrer dans un nouveau collectif, en faisant preuve d’une certaine humilité.

Témoin
Emmanuelle Juan

Emmanuelle JUAN Directeur des soins, détaché deux ans à l’ANAP en tant qu’expert ressources humaines. Par quelle voie as-tu accédé à cette mobilité et existe-t-il des incompatibilités ? Aujourd’hui, la mobilité interfonctions publiques nous permet d’accéder très facilement à ce type de responsabilités. J’ai été recrutée sur la base d’un dossier comprenant mon CV, une lettre de motivation et mes évaluations professionnelles, complété par un entretien avec les services du ministère de l’Intérieur. Il n’existe pas de liste prédéfinie de postes vacants : les candidats peuvent exprimer des préférences, soit en termes de secteur géographique, soit en termes de fonctions (directeur de cabinet, sous-préfet d’arrondissement, etc.) et le service gestionnaire soumet votre profil à l’autorité préfectorale du département concerné. Un regard attentif du ministère est porté sur d’éventuels mandats électifs, qui ne constituent pas en soi une incompatibilité mais qui ne permettent pas d’envisager une nomination dans le même secteur géographique afin d’éviter tout conflit d’intérêts éventuel. De manière générale, les profils issus du corps des directeurs d’hôpital sont particulièrement appréciés par le ministère de l’Intérieur, en raison de la forte transférabilité de nos compétences. En effet, nos fonctions nous placent en permanence dans un rôle d’interface entre des cultures professionnelles variées et la dimension territoriale de nos établissements nous conduit à travailler en lien étroit avec de multiples acteurs d’un territoire, ce qui constitue un atout majeur pour exercer les fonctions de sous-préfet. Quelles raisons t’ont motivée à envisager une mobilité hors FPH ? E.J. • Parmi les mobilités offertes aux directeurs d’hôpital, la fonction préfectorale m’est apparue comme la plus en adéquation avec mes aspirations professionnelles. Elle comporte une forte stimulation intellectuelle, une pluralité de rencontres qui permettent de pousser les portes d’endroits incroyables, une palette de dossiers variés qui vont de la conciliation de prescriptions de l’architecte des bâtiments de France avec le projet de développement d’une entreprise en passant par la qualité de l’eau de source d’une commune reculée, la sécurisation d’un festival de rock ou encore le chapitre annuel de la confrérie locale. J’ai également été attirée par la dimension d’incarnation forte qu’impliquent ces fonctions. Je dirais, en résumé, que la qualité première pour assumer l’intensité des fonctions, c’est d’aimer les gens car le corollaire des fonctions implique de se placer à la disposition de son territoire et de ses acteurs. Cette mise à disposition permanente est sans doute la dimension la plus exigeante du métier. Quelles compétences spécifiques as-tu pu développer dans ce nouveau cadre ? Intégrer le ministère de l’Intérieur a été un vrai challenge tant la culture professionnelle de ce ministère régalien est spécifique. Apprendre ses codes, son protocole est une école de l’exigence en termes de posture professionnelle. Porter l’uniforme, par exemple, vous oblige : chaque mot prononcé engage la parole de l’État au niveau local. J’ai appris à mesurer mon discours et à identifier les réseaux d’influence locaux sur lesquels un représentant de l’État doit s’appuyer. Sur le plan des compétences professionnelles, cette expérience de quatre ans m’a permis de développer une capacité d’analyse stratégique, une grande réactivité dans la gestion de crise, une appétence pour la mise en réseaux d’acteurs et un sens affiné de la communication institutionnelle. Elle m’a également permis de consolider mes aptitudes en management transversal, en médiation entre acteurs aux cultures professionnelles variées et en prise de décision dans des contextes sensibles. De fait, j’ai également exercé un rôle de conseillère santé auprès des préfets que j’ai servis, en complémentarité avec les délégations territoriales des agences régionales de santé, ce qui m’a permis d’enrichir ma compréhension des politiques publiques sanitaires dans leur articulation territoriale avec les élus. Enfin, cette immersion au sein de l’État territorial m’a apporté une vision globale des politiques publiques et des administrations qui les portent avec un sens renforcé de la cohérence de l’action publique locale. Comment tes expériences dans la FPH t’ont-elles préparée à tes nouvelles fonctions ? Le rôle du directeur d’hôpital implique une forte dimension managériale, une capacité à fédérer des acteurs aux cultures professionnelles variées, ainsi qu’une habitude du dialogue, autant de compétences directement transposables dans les missions préfectorales. La gestion de crise sanitaire, la maîtrise des politiques publiques de santé et la connaissance fine des enjeux territoriaux ont aussi été des atouts pour appréhender les missions qui m’ont été confiées. Par ailleurs, la dimension humaine et éthique du management hospitalier se traduit tout naturellement dans les missions du sous-préfet qui exerce son action en proximité avec les citoyens. Enfin, je pensais naïvement que la disponibilité induite par nos gardes administratives ressemblerait à ce qui est attendu d’un sous-préfet mais je dois reconnaître que j’avais sous-estimé les sujétions incombant aux fonctions. Sur ce plan-là, j’ai souvent regretté la liberté d’organisation qu’offrent nos métiers dans le quotidien hospitalier. Il m’a fallu intérioriser cette disponibilité permanente qui implique par exemple de demander par écrit l’autorisation de quitter mon département d’affectation au préfet ou encore, en tant que directrice de cabinet, de rester H24 connectée à mon téléphone professionnel puisque j’étais de permanence tous les soirs de semaine toute l’année pour l’ensemble du département. Comment cette mobilité s’inscrit-elle dans ton parcours professionnel global ? Rejoindre le corps préfectoral m’a fait « grandir », tant sur le plan professionnel que personnel. Cette expérience m’a permis d’acquérir une vision transversale de l’action de l’État, de renforcer mes compétences en coordination et en gestion de crise et de développer une compréhension approfondie des dynamiques locales et institutionnelles. Je pensais d’ailleurs poursuivre mon parcours professionnel dans ce type de fonctions et n’ai décidé que récemment de revenir dans le champ hospitalier. Après quatre années au service de l’État, j’ai en effet ressenti le besoin d’une respiration. L’hôpital, sa culture soignante commençaient à me manquer et j’ai eu le souhait de retrouver une liberté d’action qu’offrent nos directions d’établissement de santé ainsi qu’une conciliation vie professionnelle/vie personnelle plus souple. Cette mobilité a été un véritable tremplin vers les fonctions de cheffe d’établissement que j’exerce aujourd’hui. Je ne peux que recommander cette expérience de vie passionnante et suis bien sûr disponible pour tout échange complémentaire.

Témoin
David Hanin

David HANIN Directeur des soins, détaché deux ans à l’ANAP en tant qu’expert ressources humaines. Par quelle voie as-tu accédé à cette mobilité et existe-t-il des incompatibilités ? J’ai accédé à cette mobilité par la voie du détachement, conformément aux dispositions statutaires permettant à un agent titulaire de la FPH d’exercer temporairement ses fonctions dans une autre fonction publique ou structure publique. Ce dispositif offre un cadre souple pour tester une autre mission tout en conservant son lien avec son corps d’origine. À ma connaissance, aucune incompatibilité statutaire ou réglementaire n’est venue contrarier ce projet, dans la mesure où les missions confiées étaient compatibles avec mes qualifications, mes expériences et le cadre légal du détachement. Quelles raisons t’ont motivé à envisager une mobilité hors FPH ? Ma motivation principale était d’élargir mon champ de compétences et d’explorer de nouveaux leviers d’action en dehors du cadre hospitalier traditionnel, tout en restant au service de l’intérêt général. J’avais également la volonté de confronter mes pratiques de management et de pilotage à d’autres environnements publics, notamment pour nourrir une réflexion plus stratégique et transversale sur les politiques RH et les transformations en santé. Enfin, cette mobilité répondait aussi à une logique de développement personnel et professionnel, en phase avec mon projet de carrière. Quelles compétences spécifiques as-tu pu développer dans ce nouveau cadre ? Ce nouveau cadre m’a permis de développer plusieurs compétences clés : une vision élargie de la gestion des ressources humaines à l’échelle interministérielle ; des compétences renforcées en conduite du changement, notamment dans des contextes plus politiques ou institutionnels ; une capacité à piloter des projets complexes, impliquant des partenaires variés hors du monde hospitalier et enfin une plus grande aisance dans l’animation de réseaux d’acteurs issus de milieux professionnels diversifiés. Comment tes expériences dans la FPH t’ont-elles préparé à tes nouvelles fonctions ? Mes expériences dans la FPH, notamment en tant que DRH, directeur des soins ou directeur délégué, m’ont apporté une solide maîtrise du management opérationnel, des enjeux humains et organisationnels, ainsi qu’une capacité à négocier, fédérer et décider dans des environnements sous contrainte. La FPH est un excellent terrain pour se forger une posture de leadership de proximité, développer des réflexes de gestion de crise et renforcer une culture du service public – autant d’atouts précieux pour mes fonctions actuelles. Comment cette mobilité s’inscrit-elle dans ton parcours professionnel global ? Ce détachement s’inscrit comme une étape structurante de mon parcours, à la fois comme ouverture vers d’autres horizons de la fonction publique et comme accélérateur de maturité professionnelle. Il renforce ma légitimité à agir demain dans des fonctions à plus fort rayonnement stratégique, et il s’inscrit dans une dynamique d’évolution cohérente, fondée sur l’apprentissage continu, l’adaptabilité et l’envie de contribuer à des projets ayant du sens pour les professionnels et les usagers.

Témoin
Juliette Bertrand

Juliette BERTRAND Directrice d’établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux intégrée dans le corps des magistrats de chambre régionale et territoriale des comptes après une période de détachement à la chambre régionale des comptes Grand Est. Par quelle voie as-tu accédé à cette mobilité et existe-t-il des incompatibilités ? Le détachement au sein des juridictions financières, que ce soit en qualité de conseiller de chambre régionale des comptes ou en qualité de conseiller référendaire en service extraordinaire à la Cour des comptes, est ouvert à tous les fonctionnaires de catégorie A+. Jusqu’en 2022, les personnes ayant exercé des fonctions d’ordonnateur, même par délégation, ne pouvaient exercer de fonction dans la chambre du territoire du ressort pendant trois ans. Depuis 2022 et la réforme du Code des juridictions financières, une souplesse est admise et il est possible d’exercer dans une chambre du même ressort que le lieu initial d’exercice. En revanche, dans ce cas, la candidature est soumise à l’examen du comité de déontologie et il faut se déporter des dossiers ayant un rapport avec les précédentes fonctions. D’une manière générale, il est préférable de toujours se déporter dès lors que nous avons quelques liens (personnels ou professionnels) avec l’entité contrôlée ou les personnels qui la dirigent. Aujourd’hui, la seule incompatibilité qu’impose le Code des juridictions financières est le fait d’avoir été candidat (heureux ou malheureux) à une élection législative dans le territoire du ressort au cours des trois dernières années. Par ailleurs, il est incompatible d’exercer les fonctions de magistrat financier et d’avoir un mandat exécutif local ou être en couple avec le ou la titulaire d’un mandat exécutif dans le territoire du ressort. Quelles raisons t’ont motivée à envisager une mobilité hors FPH ? Après une dizaine d’années d’exercice de fonctions de direction dans différents établissements médico-sociaux ou hospitaliers sur des fonctions diversifiées (logistique, travaux, finances, secrétariat général), j’ai souhaité prendre du recul sur mon exercice professionnel tout en continuant à développer mes compétences. Les fonctions de direction imposent d’être toujours dans l’urgence de la réponse, de trouver des solutions avant même que les problèmes ne se posent. C’est une fonction très exposée et dans laquelle on peut parfois se sentir comme coincé entre des injonctions contradictoires. Même si j’ai trouvé ces années d’exercice passionnantes et stimulantes, je voulais découvrir d’autres environnements. Je n’avais alors pas de plan précis pour la suite. Je recherchais la possibilité de découvrir d’autres univers pour faire le point sur mon projet professionnel tout en enrichissant mes connaissances. Quelles compétences spécifiques as-tu pu développer dans ce nouveau cadre ? Les conditions d’exercice entre le métier très opérationnel de directrice et celles de magistrate financière sont radicalement opposées. Si, dans le premier cas, il est demandé de la réactivité face à des demandes à court terme, dans le second il est demandé de savoir gérer les échéances à long terme et de savoir embrasser des thématiques très différentes, parfois très techniques. Le coût d’entrée est assez important, tant sur le plan des procédures que des sujets à investiguer. J’ai donc dû apprendre à tempérer ma nature impulsive et réactive et à gérer en totale autonomie mes dossiers. Quand nous entamons une instruction, nous établissons nous-même notre plan de contrôle, choisissons nos axes de contrôle (parfois demandés dans le cadre d’enquêtes) et n’avons qu’une échéance de trois voire quatre mois pour rendre le rapport. Dans l’intervalle, le magistrat est seul pour organiser son travail et son instruction. Cela demande une très grande organisation personnelle et discipline pour ne pas laisser filer le temps. C’est un apprentissage pour lequel nous ne sommes pas toujours préparés. Comment tes expériences dans la FPH t’ont-elles préparée à tes nouvelles fonctions ? Exercer au sein d’un hôpital demande une grande agilité intellectuelle car les thématiques sont variées. Cette fonction demande aussi de savoir prendre des décisions et les défendre mais également de faire preuve d’humilité face aux enjeux humains, à certains interlocuteurs ou encore pour appliquer certaines décisions des autorités de tutelles. Toutes ces qualités me servent aujourd’hui dans l’exercice de mes fonctions de magistrate financière. Je dois savoir m’approprier des thématiques toujours différentes (on peut passer d’un contrôle sur la gestion des ordures ménagères à un autre sur des politiques sociales en passant par l’analyse financière d’une association de droit privé au cours d’une même année), savoir identifier rapidement des enjeux et enfin (et surtout) savoir défendre mes positions face à la collégialité et parfois m’incliner face à ses décisions dès lors que ma démonstration n’était pas suffisamment convaincante. En complément de mes activités de magistrate en CRC, je réalise ponctuellement des audits pour les organisations internationales (conseil de l’Europe, ONU) dans le cadre des mandats d’audit externe de la Cour des comptes. Ce sont des missions de très courte durée (une à deux semaines) au cours desquelles il faut savoir très rapidement comprendre le fonctionnement d’un environnement inconnu, en identifier les enjeux, analyser des données et rédiger un rapport le tout dans une langue étrangère. Les compétences de réactivité développées pendant mes années en milieu sanitaire ont été pour moi un réel atout pour ces missions très engageantes. Comment cette mobilité s’inscrit-elle dans ton parcours professionnel global ? Je me plais à dire que je ne sais toujours pas ce que je ferai quand je serai grande. J’ai été intégrée dans le corps des magistrats de CRC après quatre ans de détachement. Cette intégration se fait au travers d’un examen professionnel. Même si je suis toujours aussi motivée dans mes fonctions et toujours en découverte de la diversité du métier et la multiplicité des thématiques à aborder, les fonctions managériales me manquent parfois. Je n’exclus pas de repartir de nouveau en détachement dans des services plus opérationnels que ce soit en administration centrale ou déconcentrée ou pourquoi pas retourner au monde hospitalier ! Je reste à l’écoute de nouveaux challenges, je ne me ferme aucune porte ! Chaque expérience est l’occasion de gagner en compétences

Témoin
Christine Aufrère

Christine AUFRÈRE Directrice des soins, mise à disposition à l’ARS Île-de-France en tant que conseillère technique et pédagogique. Par quelle voie as-tu accédé à cette mobilité et existe-t-il des incompatibilités ? J’ai accédé à cette mobilité, sur un poste de conseillère technique et pédagogique régionale (CTPR), par la voie de la mise à disposition (MAD). Il n’y a pas d’incompatibilité majeure mais il est important de vérifier les conditions spécifiques de la convention de MAD, notamment sur le volet de la rémunération, de l’accès à la formation continue et de sa durée/conditions de renouvellement. Il est également nécessaire de respecter la neutralité et l’absence de conflits d’intérêts. Par exemple, je suis soumise à une déclaration publique d’intérêt. Quelles raisons t’ont motivée à envisager une mobilité hors FPH ? Tout d’abord, j’ai eu la chance, dans mon parcours, d’être accompagnée par une directrice des soins-directrice d’institut qui avait occupé les fonctions de conseillère technique et pédagogique en province, nos échanges ont contribué à alimenter mon projet professionnel.  J’apprécie de relever de nouveaux défis, de développer mes compétences dans un contexte différent, c’est pourquoi lorsque l’opportunité de contribuer à l’élaboration et à la mise en œuvre du projet régional de santé et d’élargir mon champ d’action s’est présentée, je l’ai saisie.  J’avais envie, à ma mesure, de contribuer à influencer les politiques de santé après avoir eu une expérience tant en qualité de directrice des soins d’instituts de formation que dans un établissement public de santé. Quelles compétences spécifiques as-tu pu développer dans ce nouveau cadre ? Sur ce poste, j’exerce des missions qui sont axées sur la planification, la régulation, le contrôle et l’évaluation, ainsi que sur les réponses apportées aux sollicitations formulées par les usagers du système de santé. J’accompagne également les instituts de formation sanitaires dans le cadre des réingénieries en cours ou à venir et les directions des soins sur les thématiques d’attractivité et de recrutement. Je contribue à l’animation du réseau des directeurs d’instituts et des directeurs des soins en ES-ESMS. Je développe donc mes compétences d’analyse stratégique, de gestions de projets complexes et transversaux, d’animation de réseaux et j’approfondis ma maîtrise du cadre juridique et réglementaire relatif au système de santé. Comment tes expériences dans la FPH t’ont-elles préparée à tes nouvelles fonctions ? Mon exercice professionnel dans la FPH m’a permis d’acquérir une expertise opérationnelle diversifiée précieuse. En tant que directrice des soins en institut de formation et en établissement de santé, j’ai été confrontée à des enjeux complexes, qui m’ont préparée à intervenir dans un environnement institutionnel plus large, particulièrement sur les sujets de gouvernance des instituts de formation et d’attractivité et de recrutement des personnels non médicaux dans les établissements de santé. L’ensemble de mon parcours professionnel, sa bivalence gestion/formation, m’a préparé à cet exercice de CTPR en ARS, y compris pour la mobilisation de mes compétences dites « softs skills ». Grâce à mon expérience antérieure dans la FPH je peux rapidement me positionner dans un environnement complexe, mouvant et où les acteurs sont issus de champs professionnels diversifiés. Mon expérience de terrain m’a donné une compréhension fine des réalités professionnelles des équipes de soins et de formation, ce qui me permet aujourd’hui d’adopter une posture à la fois stratégique et pragmatique dans mes missions à l’ARS. Comment cette mobilité s’inscrit-elle dans ton parcours professionnel global ? Ce changement de périmètre n’est pas une rupture, mais bien une continuité de mes missions précédentes. Il me permet de renforcer mon expertise, d’élargir mon réseau professionnel et de contribuer à des projets structurants pour l’avenir des métiers du soin. C’est une étape stratégique et cohérente dans mon parcours professionnel, marqué par un engagement constant en faveur de la qualité des soins et de la formation des professionnels de santé. Pour l’instant, je n’ai pas réfléchi à la suite de mon parcours. Je m’épanouis dans mes fonctions que j’occupe depuis 18 mois et je continue d’apprendre et de consolider mes compétences.