d’Anne CABARET
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Anne Cabaret est directrice de l’établissement public intercommunal de la fondation Albert-Jean (EPIFAJ), établissement médico-social dédié à l’accompagnement d’adultes en situation de handicap.
Situé en Normandie, plus précisément en Seine-Maritime entre Dieppe et Rouen, il accueille 240 personnes, que ce soit en ESAT, en foyer de vie, en atelier de jour et en service d’accompagnement à la vie sociale par les professionnels.
Un mardi de décembre…
8h30 À mon arrivée dans l’établissement, je croise plusieurs personnes accompagnées ainsi que des agents. J’atteins le premier étage de l’établissement dédié à la direction. J’allume mon ordinateur, prépare mon café, puis fais le tour de l’équipe administrative pour saluer les agents ayant déjà pris leur poste.
8h45 Je finalise la préparation du comité de sélection prévu à 9 heures, consacré au recrutement de la secrétaire de direction. Cette étape est cruciale : elle implique le tri d’une centaine de candidatures reçues, la planification des entretiens en tenant compte des disponibilités des membres du jury, ainsi que la validation du questionnaire d’entretien pour garantir une évaluation homogène et équitable des profils. J’ai prévu 45 minutes de temps de concertation, encore trop ambitieux.
9h15 Je réunis l’un des deux gestionnaires RH, la responsable finances et budget pour étudier les candidatures et préparer le jury. Nous retenons six profils. Nous convenons toutes trois de la qualité des profils retenus. Un moment de joie, voire de liesse dans un contexte d’absence totale d’attractivité de la filière administrative des établissements médico-sociaux exclus du périmètre de versement du complément de traitement indiciaire (CTI).
10h30 Réunion CODIR. Il est exceptionnellement court en raison du comité de sélection qui devait impérativement se tenir ce jour. Les thématiques abordées en comité de direction sont immuables : un point sur les éléments en lien avec les saisons. En cette période, notre sujet est la situation épidémique de la grippe saisonnière en Normandie. Nous poursuivons par les sujets RH, puis ceux en rapport avec le fonctionnement, la politique éducative, puis les sujets en lien avec la qualité et gestion des risques et les événements durant l’astreinte qui nécessitent un partage ou traitement en CODIR.
12h00 Je suis sollicitée par le pharmacien pour régler les derniers détails concernant la campagne de vaccination COVID et grippe saisonnière. Je profite également de ce temps pour une énième relecture – on n’est jamais trop prudent – du projet stratégique et des projets de service avant validation par le comité de pilotage en janvier et validation en instances (CVS, CA, CSE).
12h30 Je déjeune rapidement, souvent en écoutant un podcast. Dans mon bureau, porte fermée, c’est le seul moment isolé en dehors des réunions et entretiens. Cette fois-ci, j’écoute Alexandre Jubelin, et lance l’épisode du 7 octobre dernier : « L’armée chinoise à l’épreuve de ses purges ». Le podcast reste mon seul moyen de m’éloigner des écrans pendant cette pause. Je poursuivrai l’écoute sur le trajet du retour en fin de journée.
13h00 Échange téléphonique avec une collègue sur divers points. Je veille à provoquer ces échanges qui m’aident à rompre l’isolement de la fonction. C’est parfois plus long, mais toujours précieux.
13h15 J’abrège ma pause et envoie le compte-rendu du CODIR après relecture et ajustements. Je traite les parapheurs RH, ceux du secrétariat de direction et du service finances et prends connaissance des compléments d’information des engagements budgétaires sollicités, les derniers avant la clôture.
14h00 Commission investissement : nous examinons les besoins matériels et les projets d’équipement avant chiffrage pour affiner les demandes. Une incertitude : notre dossier de candidature au Fonds d’accompagnement de la transformation des ESAT (FATESAT) sera-t-il validé par l’ARS afin de pouvoir développer le pôle restauration de l’ESAT ?
16h00 Commission des parcours : c’est un temps de concertation qui réunit les chefs des services éducatifs et les coordonnateurs de parcours. Elle vise également à proposer une ressource institutionnelle capable de répondre à des attentes multiples, notamment dans la promotion du pouvoir d’agir dans les parcours complexes ou à dimension inclusive très forte (vers le milieu ordinaire). Je participe à cette réunion bimensuelle, dont l’ordre du jour est aussi dédié au suivi des indicateurs d’élaboration et réalisation des projets d’accompagnement personnalisés à l’échelle de l’institution.
17h15 Je reçois une note éducative d’un chef de service, en lien avec le non-respect des droits de la personne accompagnée par son tuteur. Cette note, attendue, que je classe en EIG me sert d’appui pour opérer les projets de courriers de signalement aux autorités de contrôle et au procureur de la République. Tout sera finalisé et partira demain.
17h45 Échange téléphonique avec l’infographiste chargé de la mise en page du futur projet stratégique et des projets de services.
18h00 Je reconsulte l’agenda des semaines à venir et prépare la réunion avec le pharmacien pour le bilan de la mise en place du dispositif de préparation des doses à administrer sécurisée. Je relis et envoie l’ordre du jour du prochain groupe de travail dédié à la gestion du temps de travail avec les deux sections syndicales locales.
Je lave ma tasse à café en pensant à tout ce que je n’ai pas eu le temps de faire aujourd’hui et me réjouis de la journée du lendemain qui s’annonce : une demi-journée complète sans entretien ni réunion qui devrait me permettre de traiter la veille médico-sociale et rebalayer nos outils de contractualisation.


