Cette instance collégiale s’ouvre une nouvelle fois dans un climat de tension et d’incompréhension. Les D3S voient s’accumuler les injonctions, les réformes inachevées, les pratiques territoriales divergentes et un dialogue social qui peine à retrouver son sens. Les constats sont connus, documentés, répétés ; les réponses, elles, tardent toujours.
GHT, GTSMS : un déploiement sans cohérence ni respect des cadres
La circulaire du 29 juillet 2026 sur les GHT a ravivé les inquiétudes latentes. Une organisation syndicale laisse entendre que les hôpitaux de proximité seraient un sujet exclusivement D3S, alors que la moitié des emplois concernés sont aujourd’hui occupés par des DH. Cette vision partielle entretient une confusion préjudiciable et ne reflète ni les organisations réelles ni les responsabilités exercées. Le SYNCASS-CFDT considère que les établissements de proximité dans leur ensemble, au titre de leur singularité de mission et d’implantation et sans distinction de qui les dirige, doivent rester à l’écart d’un mouvement de directions communes systématiques au sein des GHT. Au motif notamment que leur modèle est reconnu, efficient et, comme l’indiquait le rapport IGAS IGF lui-même, que le poids financier qu’ils représentent n’en fait pas un levier décisif en matière de déficit hospitalier. C’est cette position que le syndicat entend défendre avant de rechercher des contreparties à une orientation néfaste dans son principe.
Nous alertons également sur la position de certaines ARS qui, estimant les GTSMS « non fonctionnels », dans un délai impropre à toute évaluation, imposent à des établissements médico-sociaux d’adhérer à un GHT, puis d’intégrer une direction commune. Les établissements médico-sociaux pourraient bien être les premières victimes des dispositions de cette circulaire. D’autres décrètent qu’il ne faut qu’un seul GTSMS par département, sans concertation, sans tenir compte des parcours sur un territoire et en contradiction avec l’esprit de la loi. Ces pratiques sont graves : elles contournent les cadres prévus, fragilisent les établissements, ignorent les acteurs locaux et créent des tensions inutiles dans les territoires.
Chefferies vacantes, élèves en demande de postes : un paradoxe inquiétant
La disparition progressive de postes de direction due aux regroupements et la multiplication des intérims fragilisent le secteur. Pourront à nouveau en témoigner les listes des emplois D3S dont l’actualisation est attendue pour ces prochains jours. Ces situations ne sont plus tenables : elles épuisent les directeurs, dégradent leurs conditions d’exercice et alimentent un sentiment de solitude professionnelle largement répandu et délétère.
Comment expliquer le nombre croissant de chefferies vacantes, alors même que, pour la deuxième année consécutive, les listes réservées aux élèves D3S ont peiné à atteindre le nombre de postes requis ? Ce paradoxe révèle un dysfonctionnement profond dans la gestion des emplois.
La difficulté pour les élèves à faire remonter des postes sur leurs listes interroge aussi la place des contractuels dans les équipes de direction. Leur présence peut répondre à des besoins ponctuels mais elle ne peut devenir un palliatif structurel à la désaffection des postes statutaires. Le recours aux contractuels sur des postes d’adjoints doit être encadré, justifié, et ne saurait remplacer une politique d’attractivité ambitieuse.
Dialogue social : des pratiques à revoir
La place donnée au dialogue social, tant dans les régions avec les ARS qu’avec le CNG ou la DGOS, mérite d’être réaffirmée. Tous les dossiers concernant les secteurs des D3S devraient être abordés avec les organisations syndicales représentatives, dans l’écoute des directeurs qui mettent en œuvre les politiques et pilotent au quotidien les établissements concernés.
Le respect des procédures, la place donnée aux organisations syndicales, la transparence des décisions : autant de principes qui doivent être remis au goût du jour. Les D3S ont besoin d’un contexte d’exercice où les règles ne changent pas au gré des interprétations régionales ou des pressions exercées pour imposer des visions subjectives.
Une instance collégiale qui confirme une nouvelle fois la baisse d’attractivité
Cette instance collégiale confirme une nouvelle fois l’ampleur de la baisse d’attractivité des emplois supérieurs D3S.
Quinze postes publiés, dont neuf emplois donnant l’accès à l’échelon fonctionnel ont reçu les candidatures de vingt‑trois candidats, dont sept non‑fonctionnaires, proportion qui ne cesse de croître au fil des instances. Deux postes ne recueillent qu’une seule candidature, tandis que seulement trois en comptent plus de trois, reflet d’une attractivité très inégale selon les territoires. Trois postes, certainement sans candidature, ont été retirés puis republiés dans la liste aux élèves ; deux autres ont été retirés le jour même de la publication de la liste aux élèves, sans qu’un additif ne soit publié depuis pour l’un d’eux.
Entendre les D3S sur les réformes qui les concernent, garantir un cadre de gestion respectueux des procédures, soutenir les directeurs dans leurs responsabilités et restaurer l’attractivité des emplois : ce sont les conditions indispensables pour redonner du sens et de la cohérence à l’action publique dans nos secteurs.
Les D3S ne demandent ni privilèges ni traitements d’exception ; ils demandent simplement que leur engagement soit reconnu, que leurs conditions d’exercice soient soutenables. Le SYNCASS‑CFDT continuera à porter haut et fort ces exigences et à demander la transposition de la réforme de la haute fonction publique à ce corps qui passe par l’unicité statutaire entre les corps des DH et des D3S. Sans cela, il ne restera plus qu’à acter la mise en extinction du corps des D3S !
