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Le SYNCASS‑CFDT exige un cadre protecteur, cohérent et respectueux pour les directeurs

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Temps de lecture : 5 minutes

Les conditions de travail des directeurs de la fonction publique hospitalière se sont nettement dégradées. Le renforcement de la contrainte pesant sur les établissements, les réorganisations incessantes, les injonctions paradoxales et la judiciarisation accentuent aggravent la pénibilité de l’exercice professionnel. Cette pression structurelle affecte la capacité des directeurs à assumer sereinement leurs responsabilités, pourtant essentielles à la continuité du service public.

Dans ce contexte, le SYNCASS‑CFDT porte une conviction forte : les directeurs doivent retrouver des conditions d’exercice soutenables, respectueuses et sécurisées. Ce n’est pas une revendication corporatiste ; c’est une exigence de qualité du service rendu au public, de protection des usagers et de stabilité de fonctionnement institutionnel pour les équipes.

Des relations professionnelles fragilisées par la pression systémique

La pression générale exercée sur les managers, et l’une de ses traductions, les relations difficiles au sein des équipes continueront à faire l’objet d’une attention particulière du SYNCASS‑CFDT. Les conflits interpersonnels, les mises en cause individuelles et les enquêtes administratives menées sans cadre méthodologique clair créent un climat d’insécurité professionnelle. L’invocation de plus en plus fréquente du harcèlement pour contester des décisions individuelles ou des mesures de réorganisation est une dérive particulièrement préoccupante. Il faut nettement la distinguer de situations managériales de harcèlement avéré. Dans tous les cas, les droits de la défense et le principe du contradictoire doivent être réaffirmés. L’opprobre et la condamnation morales, la soumission ou la crainte des réseaux sociaux, qui entachent les parcours, ne peuvent pas être un mode de gestion des carrières.

Le SYNCASS‑CFDT refuse que les directeurs deviennent les boucs émissaires d’organisations sous tension ou de décisions nécessaires mais impopulaires. Nous revendiquons :

  • la formation renforcée à la prévention et au traitement des conflits, dès la formation initiale et tout au long de la carrière ;
  • l’accompagnement structuré des collègues en difficulté, via notamment le comité de suivi des signalements de difficultés d’exercice ;
  • l’accès élargi au coaching, y compris pour les directeurs en arrêt maladie engagés dans un projet de mobilité ou de renouveau professionnel ;

Le SYNCASS-CFDT réclame un soutien du CNG pour apaiser les relations, en cas de mise en cause et dans les situations où un responsable se trouve pris dans des injonctions paradoxales imposées par la mise en œuvre des politiques publiques. Il revendique le fonctionnement en routine d’un « groupe contact » entre organisations syndicales, ARS, CNG et DGOS pour renouer le dialogue et partager les meilleures pratiques, notamment pour anticiper et accompagner les sorties d’emplois fonctionnels.

Les enquêtes administratives qui mettent en cause les directeurs ne peuvent plus être improvisées. Leur formalisme approximatif fragilise les décisions et expose les directeurs. Le SYNCASS‑CFDT demande :

  • l’élaboration et la publication d’un guide méthodologique national garantissant rigueur, impartialité et qualité des rapports ;
  • l’externalisation possible de ces enquêtes en cas de conflits d’équipe, de harcèlement ou de mise en cause d’un directeur ou d’un PCME ;
  • un suivi spécifique pour les directeurs mis en cause, afin d’éviter les ruptures de parcours et les situations d’isolement.

La proximité mise à mal : un risque pour l’efficacité et pour la santé des directeurs

 

L’attractivité des métiers de direction repose sur un principe simple : la responsabilité exige la proximité. Or, les regroupements d’établissements sur des périmètres toujours plus vastes, les directions communes éclatées et les exercices multisites imposent des déplacements longs, fréquents, parfois quotidiens. Ces trajets, qui s’ajoutent à une charge de travail déjà lourde, génèrent fatigue et risques liés aux transports, isolement et perte de sens.

La cohésion des équipes de direction s’en trouve affaiblie, la conduite de projets complexifiée, et la capacité d’incarner une autorité de proximité compromise. L’histoire administrative nous rappelle pourtant un principe fondamental : « On peut gouverner de loin, mais on n’administre bien que de près ».

Le SYNCASS‑CFDT alerte sur ces dérives et demande que toute réorganisation prenne en compte les contraintes réelles, les temps de déplacement, les risques induits et la nécessité d’un collectif de direction soudé.

La protection fonctionnelle doit être pleinement appliquée

 

La protection fonctionnelle, consacrée comme principe général du droit, doit être appliquée dans toutes ses dimensions : soutien moral, accompagnement psychologique, protection de la réputation, communication institutionnelle lorsque nécessaire. Trop souvent, les ARS en donnent une interprétation restrictive.

Le SYNCASS‑CFDT demande :

  • que le CNG devienne l’autorité décisionnaire unique, garantissant l’égalité de traitement sur tout le territoire ;
  • que la protection fonctionnelle couvre les mises en cause devant les juridictions financières ;
  • que les ARS assument leur rôle d’appui moral et de communication, notamment pour protéger la réputation du directeur et celle de l’établissement.

 

Des chantiers à ouvrir sans délai pour restaurer des conditions d’exercice soutenables

 

Améliorer les conditions d’exercice suppose d’agir sur les facteurs structurels qui altèrent les conditions de travail des directeurs. Le SYNCASS‑CFDT portera dans les instances une feuille de route centrée sur la prévention des risques, la cohérence des organisations et la sécurisation des parcours professionnels.

Nous défendons :

  • l’analyse systémique des situations à risque mises en évidence devant le comité de suivi des signalements de difficulté d’exercice et la mise en œuvre d’actions préventives de risques identifiés : deuxième partie de carrière, prise de poste à risque d’isolement ou de tensions, établissements difficiles du fait du climat social ou de contraintes géographiques et socio-économiques particulières tels les territoires ultramarins ;
  • une régulation des gardes de direction, dont la fréquence et les modalités doivent être adaptées pour garantir un équilibre avec la vie personnelle et prévenir l’épuisement professionnel ;
  • un chantier national sur les temps partiels : trop de situations voient l’exercice des fonctions de direction à temps partiel contraint par des périmètres de responsabilités et des objectifs inadaptés. Les différentes modalités incluant le temps partiel de droit, le temps partiel thérapeutique, les fins de carrière et les retraites progressives, doivent mieux garantir des organisations soutenables ;
  • de nouveaux droits concrets pour les directeurs : mentorat et soutien lors de la prise de poste et le début de carrière, accès concret à la formation d’adaptation à l’emploi pour les promus au tour extérieur, accès effectif à la formation continue notamment pour les professionnels affectés dans les établissements de petite taille, accompagnement des transitions professionnelles.

Ces chantiers sont fondamentaux : ils conditionnent la capacité des directeurs à exercer durablement, sereinement et efficacement leurs responsabilités.

Outre‑mer : un exercice à haut risque qui exige des garanties spécifiques

Les postes ultramarins présentent une complexité particulière, faite d’isolement, de tensions institutionnelles, de responsabilités élargies et de contextes parfois extrêmes. Ils nécessitent un accompagnement à la hauteur des enjeux. Le SYNCASS‑CFDT demande que l’exercice dans les territoires ultramarins soit pleinement reconnu comme un engagement professionnel exigeant, qui doit être soutenu avant, pendant et après la mission.

Nous revendiquons :

  • un accompagnement renforcé à la prise de poste, soutenu par des pairs expérimentés ;
  • un suivi individualisé du CNG tout au long de l’exercice, pour prévenir les situations de rupture ou d’isolement ;
  • l’anticipation systématique du retour en métropole, avec un accompagnement  individualisé pour retrouver un poste à la hauteur des compétences, de l’expérience et de l’investissement consenti ;
  • une formation dédiée aux postes “difficiles”, notamment ultramarins, ouverte aux trois corps de direction.

L’exercice en Outre‑mer doit devenir un parcours sécurisé, reconnu et accompagné.

Restaurer des conditions d’exercice soutenables est une urgence

Les directeurs ne peuvent plus être les variables d’ajustement des arbitrages publics ni les premières victimes des tensions institutionnelles. Ils doivent pouvoir exercer leurs responsabilités dans un cadre protecteur, cohérent et respectueux.

Le SYNCASS‑CFDT continuera d’agir avec détermination pour obtenir des garanties pour l’amélioration des conditions d’exercice. Il portera l’exigence d’un dialogue social réel au sein du CCN et de la formation spécialisée afin qu’un programme incluant ses revendications soit validé et concrétisé. Il continuera à revendiquer une cohérence des politiques publiques qui favorise l’implication et la légitimité des directeurs.

Nos collègues peuvent compter sur notre vigilance, notre constance et notre engagement.