Lors de la dernière CAPN D3S du mois de janvier, le SYNCASS-CFDT formulait ses vœux pour les D3S. Force est de constater qu’aucun d’entre eux ne s’est encore réalisé. Comme en matière d’action pour lutter contre le dérèglement climatique, les pouvoirs publics choisissent de regarder ailleurs plutôt que de s’attaquer au sujet. Pire, pour les D3S, alors que la situation notamment démographique s’aggrave de jour en jour, il n’y a ni déclenchement d’un plan d’urgence, ni mesures de fond.
Les directeurs sont mobilisés depuis la semaine dernière pour faire face à un épisode caniculaire d’une gravité sans précédent. Pour protéger les plus fragiles, dans des conditions de travail éprouvantes, ils arrivent à trouver des solutions de fortune pour pallier l’inadaptation connue des locaux, l’absentéisme lié à la fermeture des écoles sans alternatives de garde proposées aux parents, le manque de matériel ou encore les défaillances d’installations techniques. Qui tiendra ce rôle au plus près du terrain et des équipes lorsque qu’il n’y aura plus de D3S ?
Nous souhaitions un statut juste et digne, à la mesure des responsabilités exercées. Nous l’attendons toujours, comme nous attendons toujours une réponse au courrier commun envoyé à la DGOS en avril dernier, à l’initiative du SYNCASS-CFDT, par l’ensemble des organisations syndicales représentatives pour demander l’ouverture d’un calendrier de discussions sur le régime indemnitaire des D3S et des DS.
Nous souhaitions des listes d’emplois D3S actualisées. Nous les attendons toujours, alors que la DGOS nous avait annoncé une sortie des listes en début d’année.
Nous souhaitions la publication de l’ensemble des textes nécessaires à la mise en œuvre des GTSMS. Nous les attendons toujours alors que certaines ARS imposent déjà des orientations ou périmètres contraires à l’esprit de la loi.
Nous souhaitions une réforme de fond du financement des EHPAD. Nous attendons toujours que les multiples rapports soient enfin pris en compte et que les projets, s’ils existent, sortent des tiroirs. En parallèle, comme trop de ministres et parlementaires en ont pris l’habitude, on converse aimablement sur des mesures cosmétiques. Nous le disons sans ambages : un simple changement de nom des EHPAD n’apportera rien à personne.
Nous souhaitions que la réforme SERAFIN-PH prenne en compte le non-quantifiable. Nous attendons toujours d’en être assurés, tandis qu’une accélération de la transformation de l’offre médico-sociale est exigée des directeurs, sans évolution budgétaire ni cadre réglementaire adapté, et que le financement du « aller vers » demeure insuffisant.
Nous souhaitions que le CTI bénéficie enfin à tous. A l’heure d’une nouvelle et durable stagnation annoncée du point d’indice, des atermoiements ministériels face au chantier plus que jamais nécessaire des rémunérations dans la fonction publique, rappelons que le Ségur de la Santé, initié, signé et porté par la CFDT, est sans aucun doute la dernière grande avancée sociale obtenue pour la fonction publique hospitalière. Grande mais incomplète ! Nous l’attendons toujours pour les secteurs du handicap et de l’enfance.
Nous souhaitions enfin une amélioration des conditions d’exercice. Nous l’attendons toujours et le SYNCASS-CFDT est témoin quotidiennement de l’impact de leur dégradation sur l’état de santé des directeurs.
Nous souhaitions que nos revendications soient enfin entendues. Nous attendons toujours d’être écoutés et considérés. Cela passe d’abord par un dialogue social de qualité et respectueux de son cadre. Cela se traduit notamment par l’application sourcilleuse des règles de fonctionnement des instances, comme le respect des délais prévus par les textes.
Dans cette attente interminable, le corps des D3S continue à être malmené et poursuit sa route vers son extinction naturelle. Alors qu’aucun recours en évaluation n’avait été présenté en 2025, trois le sont lors de cette séance. Reflet de rapports parfois très tendus entre l’évalué et son évaluateur, une évaluation excessivement à charge peut être un frein à la mobilité pourtant rendue nécessaire par la détérioration de la relation de confiance.
Le SYNCASS-CFDT réitère sa demande que cette CAPN soit informée régulièrement des recours déposés auprès du directeur général du CNG afin de veiller au respect de la procédure d’évaluation, outil socle du management et de la reconnaissance professionnelle auquel chacun aspire.
Deux demandes de renouvellement de recherche d’affectation sont à l’ordre du jour de cette CAPN. Concernant l’entrée dans ce dispositif, le nouveau statut DH prévoit de permettre un placement en recherche d’affectation pendant six mois à l’issue d’un détachement si le directeur n’a pas retrouvé un poste. Dans un souci d’équité et de cohérence, le SYNCASS-CFDT demande la transposition rapide de cette évolution aux deux autres corps de direction de la FPH.
Malgré l’inaction des pouvoirs publics, notre détermination est intacte. Le SYNCASS-CFDT continuera à formuler des revendications et des propositions ambitieuses pour les D3S. Il continuera à exiger un dialogue social de qualité et respectueux des règles. Ce corps mérite mieux que l’ignorance et l’extinction !
