En cette première instance collégiale D3S de l’année 2026, nous pourrions reformuler les mêmes vœux que l’année dernière : un dialogue social respectueux, une stabilité politique pour le pilotage des dossiers majeurs et urgents et la réforme du statut des D3S. Nous entendrions certainement des réponses lénifiantes sur la considération portée à nos collègues, sans jamais de preuves tangibles. Des formules qui se veulent rassurantes et qui, à force d’être répétées, ne le sont plus, ne le sont pas. Car ce sont des actions et non de belles paroles que nous réclamons depuis plusieurs années, que nous souhaitons désormais voir être mises en œuvre.
Quel dialogue social voulons-nous ? L’ensemble des dossiers concernant les secteurs des D3S devraient être abordés avec les organisations syndicales représentatives, dans l’écoute des directeurs qui mettent en œuvre et pilotent au quotidien les établissements concernés. Le dossier de la protection sociale complémentaire fait actuellement, enfin, l’objet de vraies négociations avec pour objectif de déboucher sur un accord majoritaire. Le SYNCASS-CFDT regrette que la fonction publique hospitalière ne connaisse plus ce type de négociations depuis le Ségur de la santé, celles-ci s’étant transformées au fil du temps en simples groupes de travail où l’échange tient lieu de concertation. Le SYNCASS-CFDT tient également à ce que les organisations syndicales soient consultées par la DGOS ou le CNG lorsque les modifications des foires aux questions ou fiches pratiques entraînent des incidences statutaires. La qualité et la fiabilité des réponses apportées aux directeurs sur leur carrière en dépendent.
Quel pilotage politique voulons-nous ? Seule une stabilité politique pourra assurer la continuité du pilotage des projets majeurs attendus par le secteur. Qui peut croire que la menace d’une nouvelle censure du gouvernement permettra de tenir la promesse, tant de fois déjà reportée, d’un énième plan grand âge ? Concernant le secteur de l’enfance, depuis la parution du rapport de la Défenseure des droits il y a un an, aucune mesure n’est venue répondre aux nombreux problèmes soulevés, comme la place des mineurs non accompagnés et des enfants en situation de handicap ou l’accès aux soins en santé mentale pour les enfants pris en charge par l’aide sociale à l’enfance (ASE).
Quelle soutenabilité voulons-nous ? Les pressions croissantes des ARS sur les D3S deviennent intenables, les rendant responsables de tous les maux des établissements. Ils se voient imposer des plans de retour à l’équilibre sur des budgets qui ne comportent aucune marge de manœuvre. Ils se voient pressés de mettre en œuvre des GTSMS selon des modalités et dans des conditions très disparates selon les régions, avec des orientations de regroupement ou de périmètre parfois imposées par les DG d’ARS, contraires à l’esprit de cette réforme. Ils se voient souvent chargés de trouver leur propre intérimaire en cas de départ pour mobilité, congé maternité ou maladie. Nous renouvelons notre demande de réactivation du groupe contact DGOS-ARS-CNG et organisations syndicales représentant les directeurs, groupe qui permettrait de mettre en évidence ces difficultés et de recadrer en les désignant des pratiques délétères.
Quelle attractivité voulons-nous ? Cette instance collégiale pointe une fois de plus le manque criant d’attractivité des emplois supérieurs D3S. 35 % des postes n’ont reçu aucune candidature. Seulement cinq postes sur vingt-trois recueillent trois candidatures ou plus, deux postes en recueillent cinq, l’un en région parisienne et l’autre en Bretagne, deux régions connues pour être parmi les plus recherchées.
Quatre candidats sont des directeurs d’hôpital. Si ces collègues sont conscients de la perte financière d’un tel choix, ce dernier peut être guidé par des contraintes personnelles ou par l’envie d’exercer une chefferie dans le champ d’activité propre aux D3S. Comment accepter qu’un passage d’un emploi de DH adjoint à un emploi supérieur D3S entraîne une telle différence de rémunération au regard des responsabilités endossées et de la comparabilité des corps ? La fluidification des parcours et la simplification des mobilités voulues par la réforme de la haute fonction publique ne pourra se faire sans la réforme du statut des D3S. Le SYNCASS-CFDT exige la réouverture urgente des discussions.
L’attractivité des emplois D3S passera aussi par le traitement attentif et diligent des problématiques de leurs champs d’activité : un plan grand âge à la hauteur des enjeux, notamment celui du financement des EHPAD, sa nécessaire et profonde évolution de modèle ; une prise en compte sérieuse de la sinistralité du secteur de la protection de l’enfance ; et une grande vigilance sur les effets de la réforme SERAFIN-PH au moment de l’application de la tarification des prestations.
Le ministre délégué chargé de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat, David AMIEL, a annoncé lors du conseil commun de la fonction publique du 13 janvier, l’ouverture de discussions pour « bâtir des perspectives sur les carrières et les rémunérations » dans la fonction publique. Monsieur le ministre, le SYNCASS-CFDT est prêt à vous présenter les propositions qu’il défend de longue date pour bâtir des perspectives pour les D3S ! Ne laissons pas ce corps se mettre en voie d’extinction de lui-même.
