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Instance collégiale D3S du 18 juin 2026 – Choisir entre déception et découragement : l’Etat se doit d’offrir une alternative aux D3S

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Temps de lecture : 3 minutes

Cette instance collégiale s’ouvre sous le signe d’une impatience grandissante et d’un découragement profond. Alors qu’en 2024 avait été acté le passage simultané au RIFSEEP des trois corps de direction, les D3S attendent toujours l’ouverture des discussions. Deux ans plus tard, rien n’a bougé. Entre-temps, les écarts avec le corps des DH se sont creusés en raison de la réforme statutaire, accélérant le risque déjà élevé de fuite des D3S vers ce corps.

Si certains réclament aujourd’hui la transposition de la réforme de la haute fonction publique au corps des D3S, rappelons qu’ils sont en partie responsables de cette situation. En s’opposant constamment à l’intégration des D3S dans les discussions statutaires en 2023, dans la droite ligne de leur refus d’inclure l’unicité statutaire au Ségur de la santé en 2020, et en confirmant cette position en 2025, à rebours de la position syndicale majoritaire, ils ont favorisé le manque de considération de l’administration à l’encontre des D3S.

L’impatience tient aussi au fait que les marques de reconnaissance les plus simples sont frappés de délais inadmissibles ; ainsi la mise à jour annuelle des listes d’emplois D3S, promise pour le début d’année, n’a toujours pas été publiée. Et que dire des textes sur les GTSMS encore en attente quant à leur déploiement effectif, alors qu’ils sont censés représenter une avancée décisive dans la structuration du champ concerné ?

Les D3S sont attachés à la diversité de leurs champs et de leurs fonctions. Ils revendiquent leur choix d’exercice dans des secteurs pourtant malmenés. Mais qui a encore envie d’exercer dans ces conditions, sans évolution statutaire ni revalorisation indemnitaire ?

Qui a encore envie d’assumer ses responsabilités dans un contexte d’exercice toujours plus dégradé ? Les affaires médiatisées rappellent combien les D3S sont exposés aux pressions, et parfois à l’arbitraire d’élus locaux, de délégués territoriaux d’ARS ou de conseils départementaux. A cela s’ajoute le risque juridique et pénal quotidien. La récente condamnation en appel d’un chef d’établissement suite à une faute commise par une aide-soignante ayant entraîné le décès d’un résident inquiète fortement sur la portée de la responsabilité personnelle du directeur. Rien ne justifie dans ces conditions d’exposition qu’un D3S ne bénéficie pas d’une reconnaissance à la hauteur de ces responsabilités de même nature que celles exercées par les DH.

Ces conditions d’exercice ne sont pas sans impact sur la santé des directeurs. Le SYNCASS-CFDT, en partenariat avec deux chercheurs de l’Université Bourgogne Europe, a lancé une enquête nationale sur la santé mentale des directeurs. Plus de cinq cents directeurs y ont déjà répondu : c’est dire à quel point le sujet les concerne ! L’analyse et la restitution prévues lors des journées nationales du SYNCASS-CFDT des 26 et 27 novembre 2026 apporteront des indicateurs précieux et des pistes de réflexion indispensables.

Qui a encore envie d’exercer dans des secteurs sinistrés ? Les politiques publiques dans les champs de l’enfance, du handicap ou du grand âge ne sont pas à la hauteur des enjeux et des attentes. L’illustration en est la succession d’annonces de plans toujours promis et jamais finalisés, ou la déception suscitée in fine, à l’exemple du projet de loi sur la protection de l’enfance, par le décalage perçu entre des ambitions souvent élevées et des modifications législatives à faible impact accompagnées de moyens limités. Lorsque surviendra la vague démographique du vieillissement, connue et certaine, y aura-t-il encore des D3S pour diriger les établissements et les dispositifs d’accompagnement ?

Qui a encore envie d’être chef d’établissement ? Les candidatures présentées lors de cette instance collégiale confirment une réalité que notre gouvernement persiste à ignorer : l’absence d’attractivité de ces emplois supérieurs. Sur les trente-deux candidats, un tiers sont des non-fonctionnaires. Un quart des vingt-trois postes ne recueille aucune candidature. Seuls cinq postes comptent plus de trois candidats et aucun n’en dépasse cinq. Les régions les plus attractives restent, encore une fois, la Nouvelle Aquitaine, la Bretagne et la Provence-Alpes-Côte d’Azur. Sans relèvement des rémunérations liées à l’exercice des responsabilités, les postes resteront vacants, donc en intérim à la charge des collègues restants, ou seront confiés à des professionnels non formés et non issus du secteur d’activité, au détriment des établissements.

Qui a encore envie d’être D3S ? Le tour extérieur au titre de l’année 2027 va bientôt être ouvert. Le nombre de candidats poursuivra-t-il sa baisse, comme l’an dernier ?

Terminons par une note positive. Nous saluons la reprise des échanges avec la DGCS le 10 juin dernier. En effet, cela fait bien longtemps que les organisations syndicales n’avaient pas été, sinon consultées, du moins écoutées, sur les politiques publiques.

Entendre les D3S sur les politiques sociales, les soutenir dans leur exercice professionnel et revaloriser leur statut : ce sont les conditions essentielles pour restaurer l’attractivité du corps et des emplois. Le SYNCASS-CFDT continue à porter haut et fort ces revendications et à demander un calendrier pour l’ouverture sans délai de discussions avec la DGOS.